Bienvenue dans la nouvelle interface de ce blog !



Il me fallait du changement, donc en voici... Exit l'interface "de base" pour une mêlant, avec classe, le bon goût et le raffinement. Et le premier qui rit aura à faire au Graoully ou au Warabouc. Bon alors tout le monde aura vu que l'esthétisme ce n'est vraiment pas mon truc. Je d'ailleurs ouvert à toutes propositions pour rendre le graphisme plus... euh... ou moins... enfin mieux...


Alors ? Tu trouves toujours qu'il est moche le blog ?


D'autres changements, plus important ceux-la, portent sur la navigation au sein des pages. Pour l'instant le système est en rodage, et là encore j'attends vos retours pour améliorer la déambulation au sein des pages.

Au rayon des nouveautés, je vous propose :
- un système mêlant photo et accroche, en guise de liens, afin d'avoir une idée plus précise de là où vous allez... ou où vous n'allez pas d'ailleurs...
- la navigation par index qu'il soit géographique, thématique, par personnage ou par support (c'est à dire par type de lieu). Bon pour ça c'est pas encore gagné, mais je me bat avec le code Html pour faire fonctionner ce que j'ai en tête. C'est donc à l'état d'ébauche pour l'instant.
- l'accès à un sommaire regroupant les légendes traitées
- l'affichage de légendes proches (thématiquement ou géographiquement) de celle que vous lisez.


Pour naviguer sur le site, c'est très simple, il vous suffit de suivre les liens.


Je vais également introduire sous peu un nouveau type d'article qui présentera des éléments réel s'intéressant aux légendes. Je pense à des parcours touristiques, des livres, des festivals, des expositions, etc. Vous pouvez d'ailleurs m'envoyer un mail pour me tenir informer de ce qu'il se fait dans le domaine. Je ne promet pas de tout publier, mais je ferai au mieux. Les légendes resteront ma priorité.

Vous pouvez désormais échanger et lier facilement les articles du blog sur les différents réseaux sociaux. Je laisse le système en test quelques temps et je scellerai son avenir suivant les retours.

Voila pour les principales nouveautés du moment. Encore une fois n'hésitez pas à me proposer d'autres modifications.


La cour du roi Arthur venant soumettre une idée


AVANCEMENT DE LA MISE A JOUR :
Création du template : Fait. Encore quelques modifications à fin
Création des icones de navigation : Fait.
Mise à jour des liens pour que tout marche :
En cours
Création d'un sommaire : Fait
Création d'un accueil s'affichant au lancement du site : A faire
Modification des messages pour coller à la nouvelle template : A faire
Mise à jour de la carte des légende : A faire
Mise en forme des index : A faire / Et c'est pas gagné...

Test miniatures



test 2

Châteaux Saint-Ulrich et Grisberg - Ribeauvillé (68)



La légende que je vous présente aujourd’hui possède d’importantes variations selon les sources. Ne voulant ni faire deux pages différentes, ni me perdre en longues explications des variantes, je vous propose deux versions différentes de cette même légende.

La première version écrite d’après le texte de Gabriel Gravier. La seconde est basée sur différents textes glanés à différents endroits (cf. bibliographie). La troisième est mise à part, à la fin des variantes ,et provient de la Revue d'Alsace de 1853.



La légende :


Une première version :


A l’époque où les châteaux de Ribeauvillé étaient encore parés de tous leurs atours, vivaient deux frères dans deux des trois castels. Léon résidait dans la forteresse de Saint-Ulrich, tandis que Jean était sur l’éperon du Girsberg. Tout deux s’adoraient et passaient le plus clair de leur temps ensemble, et de préférence à la chasse, activité qu’ils aimaient avec passion.


Un jour, ils ouïrent qu’un ours avait été vu dans la vallée de Sainte-Marie, et bien sûr ils décidèrent immédiatement d’aller le chasser dès le lendemain. Selon leur habitude, le premier réveillé avertirait le second en tirant une flèche dans l’auvent de la fenêtre de son frère. L’opération était facile, les deux châteaux se trouvant à peu de distance, de part et d’autre d’un profond ravin.



Les deux châteaux


Dès le levé du jour, Léon s’éveille et prend son arbalète pour avertir son frère. Il vise l’auvent de la fenêtre du Girsberg où se trouve Jean. Malheureusement celui-ci a choisi le même moment pour faire de même. Au moment où Jean ouvre sa fenêtre, il tombe, mort, un carreau en plein cœur.


Depuis ce jour, quand le vent souffle sur les hauteurs de Ribeauvillé, le promeneur peut entendre se superposant aux bruits du vent, le sifflement du carreau de l’arbalète, les pleurs du meurtrier et les cris de la chasse infernale qui le poursuit inlassablement.



Une seconde version :


Les deux frères et seigneurs des châteaux de Saint-Ulrich et de Girsberg, eurent un jour une violente dispute. Le plus jeune frère voulut épouser la fille d’un ménétrier, mais son aîné s’opposa à l’union qu’il considéra comme une mésalliance inacceptable. S’en suivit une querelle et une gifle. Le cadet, victime de l’affront se contenta de lui répondre que la justice divine saura réparer cet affront. On ne sait si la fille du ménétrier fut finalement épousée, mais il est certain que les deux frères finirent par se réconcilier sincèrement.


La vie reprit donc son cours habituel et les châtelains recommencèrent à se réveiller l’un l’autre selon leur habitude. Celle-ci consistait, pour le premier éveillé, à tirer une flèche dans le volet de celui qui était encore endormi. Mais un jour funeste, le cadet lança son trait au moment précis où son frère ouvrit le volet. Et c’est d’une flèche dans le cœur, que la justice divine vengea la gifle.




Le jeune homme fratricide, inconsolable, disparut dans la vaste forêt et, chaque année, en octobre, à l’occasion de l’anniversaire de ce triste accident, une chasse fantastique parcourait les montagnes.


Bien des années après l’accident, un vieux ménétrier, descendant de la jeune femme, objet de la dispute entre les frères, composa une prière à Notre Dame de Dusenbach. Au moment même où il termina sa prière, accompagné de son violon, la Vierge mit fin à la chasse fantastique, et l’on put entendre les deux frères s’appeler d’une voix douce et tendre.



La Vierge de Dusenbach. Source : Wikipédia.



Les variantes :


Il existe énormément de variantes de cette légende très populaire. Les versions que vous pourrez lire ou entendre se situent souvent quelque part entre les deux versions que je vous ai donné, mêlant parfois les éléments des deux récits. Toutefois on peut trouver encore d’autres variantes importantes de ce thème, quoique à priori moins populaires.


En ce qui concerne le premier texte ; il arrive que les deux frères meurent en même temps au cours de la chasse à l’ours qui aura finalement lieu. Chacun tirant en même temps sur la bête mais ne réussissant qu’à s’entretuer. Mais il arrive que les deux frères s’entretuent depuis leur fenêtre.


Pour ce qui est du second texte, les deux frères ne sont par toujours réconciliés lors de l’accident. Accident se passant alors le lendemain de l’affront.


Dans les versions sans résolution par la prière du ménétrier, on peut parfois encore voir le fantôme du frère fratricide, roder autour du château.






Enfin, se distinguant des autres, je vous cite cette troisième version.


Enfin un vieux texte conte que le châtelain de Rappolstein (Saint-Ulrich) attaqué par ses vassaux de Ribeauvillé, fut lâchement trahi par ses deux fils Wilpolt et Ortollf, et bravement défendu par un chevalier nommé Eginolff. La malédiction paternelle porta malheur à Wilpolt et à Ortollf. L’un deux tue son frère dans une partie de chasse, puis, accablé de remords, va se faire tuer à la croisade. Gertrude, restée seule héritière des domaines du Rappolstein, épouse bien vite le noble Eginolff, qui devient ainsi la tige de la nouvelle race des Ribeaupierre.



Le blason des Ribeaupierre, en haut à gauche



La réalité :


La légende peut-elle avoir un fond de réalité ? Nous allons essayer de suivre l’évolution de la famille des Ribeaupierre qui occupèrent les deux châteaux cités. Le lecteur pressé pourra aller directement au troisième paragraphe. A noter l’existence d’un troisième château sur cette même montagne, le Haut-Ribeaupierre, dont je ne parlerais pas ici.



Les Ribeaupierre dans le château de Saint-Ulrich :


Connu dans les textes anciens sous le nom de Rapoldenstein (c'est-à-dire Ribeaupierre), le château, au XIème siècle est une possession impériale que garde les Ribeaupierre et qui permet une vaste surveillance. En 1084, l’empereur Henri IV, cède la propriété du château à l’évêque de Baal, mais les Ribeaupierre restent dans la place. En 1114 suite à un échange l’empire récupère le château qui possède une position hautement stratégique. Le castel va grandir progressivement et les Ribeaupierre guerroyer à droite et à gauche. En 1288, la famille se livre à des querelles intestines. A la mort de son père, Anselme II refuse de partager les seigneuries d’Ulrich III avec son frère Henri II, et met frère et neveu dehors. S’en suit une réprimande royale de la part du roi Rodolphe, puis, c’est la guerre. Le château est assiégé, quelques coups fourrés échangés, mais finalement un accord de paix sera signé.

Après un nouveau conflit, Anselme sera emprisonné et ses possession partagées. Pour ce qui est des châteaux de Ribeauvillé, Saint-Ulrich et le futur Girsberg reviennent à Henri, alors que Anselme, libéré, retrouve l’Altenkastel (Haut-Ribeaupierre).





Par la suite, le jeu des héritages fait que Ulric et Brunon, deux frères, possèdent chacun un des deux châteaux de la légende. Et vers 1373, lorsque Ulric décède, Brunon hérite du second château. Mais du fait d’une dette d’Ulric, le Grand Ribeaupierre devient la possession du comte de Sarrewerden. Evidemment la tension est forte entre les deux voisins au point que les deux seigneurs doivent signer un traité de non-agression en 1386. Suite au décès du comte et après bien des tractations le château revient à Maximin de Ribeaupierre en 1400.


Les années passent et le château de Grand Ribeauvillé devient en 1477, Saint-Ulrich, suite à la consécration d’une chapelle en 1435. Les lieux deviennent une destination de pèlerinage plus qu’un lieu stratégique et l’appellation du château s’adapte donc. A la fin du XVème, les Ribeaupierre abandonne le château pour une demeure plus adaptée en bordure de la ville de Ribeauvillé, ne laissant sur les hauteurs que quelques hommes. Après la guerre de 30 ans, les lieux sont définitivement abandonnés et commenceront à tomber en ruines.






Les Ribeaupierre dans le château de Girsberg :


Postérieur à Saint-Ulrich, le château de Girsberg est une construction de la famille des Ribeaupierre. On peut imaginer qu’il put être destiné à accueillir une branche de la famille. On le connaîtra d’abord sous le nom de « der Stein » (la Pierre). Il faut dire que ce château est un véritable nid d’aigle perché sur sa roche. Toujours difficile à dater, le château est cité dans un texte en 1288, mais il aurait pu être bâti à partir de 1240.




Mais si il prit le nom de Girsberg, c’est qu’il finit par changer de main pour atterrir dans celles de la famille du même nom, par un processus complexe de conquêtes et d’échanges. C’est ainsi qu’en 1304 (1316 pour que ce soit complètement officiel) que les Girsberg succèdent aux Ribeaupierre dans les murs de « der Stein ». Evidemment des conflits éclateront entre les deux familles qui possèdent des châteaux si proches, et ce sans compter le Haut-Ribeaupierre au sommet de la montagne.

Toutefois les Ribeaupierre restent les suzerains des Girsberg et gardent donc un droit sur le château.


La famille de Girsberg, s’éteint en 1422 avec son dernier représentant, Jean-Guillaume de Girsberg. Celui-ci perd la vie lors du siège de son château par Maximin (dit Smassmann) de Ribeaupierre. Les Ribeaupierre reprennent alors le château et y installe un bailli. Mais peu à peu le château sera abandonné.





Une influence historique dans la légende ?


L’amorce de la légende des deux frères de Ribeaupierre peut-elle être vraie ou a-t-elle pu être inspirée par d’autres faits ? A défaut de pouvoir fournir une réponse, je vais proposer quelques pistes.


Notons tout d’abord que les deux châteaux sont à peine à 150 mètres l’un de l’autre et que d’autre part les deux châteaux furent occupés simultanément sur de nombreuses années. C’est d’ailleurs étonnant de voir ces deux, et même trois châteaux, les uns à cotés des autres sur cette même montagne. Donc en pratique rien n’empêche de tirer de l’un des châteaux, sur l’autre.


La légende nous parle des deux frères de Ribeaupierre. Si nous la prenons au pied de la lettre, il faut commencer par voir quand cette même famille posséda les deux châteaux en même temps. Selon la chronologie simpliste des deux châteaux, on peut considérer que les Ribeaupierre habitent les deux châteaux de quelque part entre les années de 1240 à 1288 et 1304, et entre 1422 et la fin du XVème siècle. La légende devrait donc trouver sa source, si source il y a, dans ces périodes. C’est toutefois un peu moins simple car les Ribeaupierre gardent des droits sur le Girsberg, ce qui bouleverse un peu cette chronologie.





Nous avons vu qu’au cours de ces périodes il y eut des querelles familiales.

En 1288, Anselme chasse Henri qui fait appel au roi pour assiéger le château. Mais le conflit trouvant une solution diplomatique ce n’est pas la situation idéale pour notre légende. De plus Anselme possède alors les deux châteaux.

Quelques temps plus tard nous retrouvons la même situation. Là encore la situation se règle sans décès chez les deux frères. Nous sommes donc encore loin de la légende.


Le décès d’Ulric, frère de Brunon, chacun possédant un de deux château, et obligeant le survivant à céder le Grand Ribeaupierre au comte de Sarrewerden, fait partie des pistes possible pour la légende. Quelle fut la cause du décès d’Ulrich ? Je n’ai pu en trouver nulles traces. Un accident de chasse aurait fort bien pu inspirer la légende, d’autant que dans l’opération, les Ribeaupierre perdirent leur plus beau château. Il faut dire que le Grand-Ribeaupierre était la garanti d’un prêt de 12 000 florins contracté par Ulrich à son gendre, le comte Henri de Sarrewerden. Le seigneur de Ribeaupierre décédé, le castel vint payer la dette.





La dernière piste que j’envisagerais, quitte les traces de la légende puisque nous abandonnons le fratricide. En 1422, Maximin de Ribeaupierre assiège le Girsberg, alors possession de Jean-Guillaume de Girsberg. Dans notre légende nous avons utilisé les prénoms de Léon et de Jean, mais Gabriel Gravier nous signale l’utilisation de deux autres prénoms étant respectivement Max et Georges. De Maximin à Max et de Jean-Guillaume à Jean, il n’y a qu’un pas qu’il est trop tentant de franchir. Tout comme pour Ulrich, je ne sais comment est mort Jean-Guillaume, mais mourir transpercé d’une flèche lors d’un siège nous amène une solution assez « séduisante ». Évidemment nous ne savons pas trop d’où viennent les prénoms de la légende et ceux-ci sont peut-être bien postérieur au récit et ajoutés pour coller justement à cet événement.

L'article de Wikipédia sur les Ribeaupierre relate cette légende et l'attribut à Maximin sans réserve ainsi qu'à Nemrod, son frère. Aurait-il installé son frère dans le château de Girsberg après en avoir délogé le seigneur des lieux ? Ce n'est pas impossible.


Mais si finalement c’était la troisième version de la légende qui correspondait à une version à peu près réel et que la vox populi aurait peu à peu déformé pour en faire une des deux premières …





Et pour finir….


Certaines versions font intervenir des ménétriers qui ont finalement le beau rôle. Rien d’étonnant à cela…. Mais cela vous le comprendrez dans une prochaine légende. Les ménétriers sont très liés à cette ville et il est possible que ce soit eux même qui aient modifié la légende.


Auguste Stoeber voit dans la version des deux frères s’entretuant en chassant l’Ours, une analogie avec les géants Otos et Ephialtès de la mythologie grecque. Je le signale mais en insistant sur le fait que cette variante de la légende n’est pas du tout celle qui est arrivée jusqu’à nous.


Et cette fameuse prière à la Vierge de Dusenbach ? Peut être une christianisation tardive de la légende ? Car l’église pouvait-elle ne pas y ajouter son petit grain de sel et faire un peu de publicité pour ce lieu de pèlerinage tout proche ?



Dusenbach



Bibliographie :


Légendes d’Alsace. Gabriel Gravier. Tome III. Pages 38-40. Une source toujours aussi indispensable et exhaustive.


Le folklore de la France. Paul Sébillot. Tome 4. Page 186.


Guémar, Ober-Bergheim, Ribeauvillé et leurs châteaux. La revue d’Alsace. 1853. Volume 4. Pages 65-66.


Ribeaupierre. Wikipédia. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ribeaupierre


Site officiel de Ribeauvillé. http://www.ribeauville.net/client/1-article-3365~Les-l%C3%A9gendes-des-Ch%C3%A2teaux


Le fabuleux monde des châteaux fort. http://pagesperso-orange.fr/chateaux.fort.67/Chateaux/St-Ulrich/St-Ulrich.htm et http://pagesperso-orange.fr/chateaux.fort.67/Chateaux/Girsberg/Girsberg.htm Fabuleux site qui fut une mine de renseignements.


Château de Saint-Ulrich. Wikipédia. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Saint-Ulrich


Kastel elsass : http://kastel.elsass.free.fr


Divers sites Internet contant des versions actuelles de la légende, dont :

Envie d’ailleurs : http://enviedailleurs.forumpro.fr/contes-et-legendes-f78/autour-de-ribeauville-t3162.htm

A travers les forêts et montagnes des Vosges : http://www.vosges-rando.net/RR/RRRibeauville/ERibeauville.htm

Histoire des châteaux alsaciens : http://chateauxalsaciens.free.fr/Carte%208/2-Girsberg.htm




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Chapelle d'Esch - Esch-sur-Sûre (Luxembourg)



Voici la légende telle qu’elle est présentée à Esch, sur le panneau d’information du circuit Sûr(e) Naturel.


La légende :

Le 10 août de l’année 1096, des chevaliers en armure montèrent jusqu’au château à cheval, entourés de leurs cavaliers. Ils se rassemblèrent dans la cour avant leur départ pour un long voyage.


Bataille de Montgisard. Larivière Charles Philippe

Après des mois de préparation, les plus anciens et plus valeureux se disposèrent à parcourir l’Europe et l’Asie mineure dans le but de reconquérir les Terres Saintes et de les délivrer des griffes des infidèles. Le comte Henri d’Esch tenait son épouse, la comtesse Jeanne de Wiltz, dans ses bras lorsque cette dernière commença à sangloter fortement. Il se prosterna alors devant elle, prit sa tête entre ses mains, bu les larmes rouges qui perlaient sur les joues blanches de son aimée et lui dit : « Que cet anneau que tu m’as donné soit le signe de ta confiance et le symbole de mon amour pour toi. »




Près d’un an s’écoula sans qu’elle reçu de nouvelles. Le 14 juillet vers minuit, une servante appela la comtesse. Les deux femmes se rendirent à moitié endormies dans la chapelle éclairée et remplie de chevaliers armés. Tous portaient une croix blanche sur l’épaule et se tenaient autour d’un catafalque sur lequel reposait Henri d’Esch, enveloppé d’un drap blanc. Tandis que les chevaliers chantaient des nénies, un page tenait en main une coupe remplie d’huile, et cette huile laissait couler ses chaudes larmes sur une plaie béante, causée par une flèche au niveau de la poitrine du comte. La plaie ressemblait à un oeil crevé. Lorsque la comtesse voulu se précipiter sur le corps sans vie de son mari, celui-ci disparu en même temps que les chevaliers.

Jeanne resta seule dans la chapelle, devant la couche sur laquelle seule restait l’emprunte de la dépouille. Il ne subsistait qu’un unique pli sur le drap et un creux au niveau du coussin, sur lequel brillait l’anneau qu’elle avait donné à son époux. Elle posa sa tête chaude sur le cousin, à l’endroit du renfoncement. Une semaine plus tard, Raimond de Toul rapporta la mort du comte d’Esch. Cependant, Jeanne de Wiltz le savait déjà depuis cette nuit du 14 juillet. Chaque année, cette apparition mystérieuse se répète à la veille du 15 juillet. Une fois que les cloches sonnent les 12 coups de minuit, la chapelle retrouve à nouveau tout son calme.




La réalité :

Le départ d’Henri d’Esch pour la première croisade.

C’est au cri de « Dieu le veut ! » que l’Europe chrétienne part en croisade en réponse à l’appel du pape Urbain II. Parmi eux se trouvent le fameux Godefroi de Bouillon, duc de Basse-Lotharingie (Basse-Lorraine). Dans son sillage, il emmène la première troupe de croisés régulièrement constituée, faite de nombreux seigneurs dont Henri d’Esch et son frère, Geoffroy d’Esch. Les « barons » et leurs troupes arrivent à Constantinople en décembre 1096.

Henri fit donc parti des premiers croisés qui gagnèrent la Terre Sainte. On le connaît également sous le nom d’Henri de Ascha ou de Ascha castello, voire de « Hache » dans les mauvaises traductions.


Godefroi de Bouillon menant ses hommes à la croisade


Henri au cours de la croisade.

Henri d’Esch s’est particulièrement illustré pendant la croisade et l’on dit que Godefroy de Bouillon l’appréciait grandement. Il fut notamment réputé pour sa ruse, comme il en fit par exemple preuve lors du siège de Nicée en 1097. Aidé du comte Hartmann, il fait construire une machine, nommée « renard », destinée à créer une sape dans les murs infranchissables de la ville de Nicée. Elle permettait d’abriter une vingtaine d’hommes pouvant détruire le mur, à l’abri des flèches et des pierres des assiégés. Mais ce que l’histoire oublie souvent de raconter, c’est que les défenseurs lancèrent une telle quantité de roches que, finalement, machine et hommes furent écrasés. Guillaume de Tyr rapporte à se sujet que la douleur fut grande suite à l’anéantissement de tant d’efforts et d’investissements financiers… et accessoirement pour les pertes humaines.


La prise de Nicée


On sait qu’Henri participa également, avec son frère, au siège d’Antioche. Il avait la charge d’une des huit troupes qui avaient pour mission d’empêcher les Turcs d’entrer ou de sortir de la ville assiégée.


La mort du seigneur d’Esch.

La légende nous raconte qu’il apparaît à sa femme, mortellement blessé par une flèche dans la poitrine. La réalité est différente, puisque c’est la peste qui aura raison de lui, comme ce fut le cas pour beaucoup de ses compagnons d’arme. Il décédera en 1098 en Terre Sainte et sera enterré au château de Turbessel.

Le blason de la lignée des Esch


La légende a certainement voulu magnifier la mort de ce combattant qui ne pouvait que mourir les armes à la main. C’est donc avec une blessure béante, qu’il apparaît à sa femme.

Nous noterons l’épisode de la bague et des draps froissés qui servent à infirmer la possibilité d’un rêve.




La tardive chapelle du château d’Esch.

Sur les hauteurs d’Esch se dresse les ruines d’un château. Les premiers travaux débutèrent en 927 par la construction d’une tour carré, que l’on peut toujours voir, ainsi que par l’édification de bâtiments agricoles.
Exception faite des périodes de croisades, le château va grandir par l’ajout de bâtiments d’habitation et d’installations défensives. C’est en 1250 sera créée la chapelle, c'est-à-dire bien après l’époque où se déroule notre légende. Alors certes, cela ne veut pas dire qu’il n’existait pas une pièce du château qui ait pu servir de chapelle. Toutefois, si l’on considère qu’il n’existait pas de chapelle avant, la légende serait postérieure à cette date.




La chapelle est construite en « double », c'est-à-dire avec une chapelle supérieure et un crypte. La version actuelle est une restauration datant de 1906.


Le château à son apogée à une période postérieure à la légende



Bibliographie :

Panneau d’information du circuit des légendes. Sure Naturel.

Le circuit des légendes. Sure Naturel. Pages 59-67.

Histoire de la première croisade jusqu’à l’élection de Godefroi de Bouillon. Ferdinand Chaladon. DATE. Pages 112-113.

Première croisade. Wikipédia. http://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_croisade

Castle Esch-sur-Sûre http://www.castle-esch-sur-sure.lu

Les templiers et les croisades - La croisade des barons. http://www.templiers.net/croisades-michaud/

Histoire des croisades. Guillaume de Tyr. Livre III – Chapitre IV.








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